Accident

Définition du Larousse :

  • Événement fortuit qui a des effets plus ou moins dommageables pour les personnes ou pour les choses : Accident de la route.
  • Événement inattendu, non conforme à ce qu’on pouvait raisonnablement prévoir, mais qui ne le modifie pas fondamentalement : Un échec qui n’est qu’un accident dans une brillante carrière.

Il s’agit donc par définition de quelque chose que l’on ne peut pas anticiper. C’est une sorte de fatalité.

C’est quelque chose qu’on l’on redoute, encore plus souvent lorsqu’on est maman non ?

Ne vous sentez pas épargnés, nous sommes tous concernés. Nous sommes tous des victimes potentielles de ces hypothétiques accidents.

Je me suis rendu compte aujourd’hui, même si je le savais déjà, qu’on ne peut pas tout empêcher.

Je ne suis pas de ces mamans stressées dès que leur progéniture trébuche, se cogne…

On m’a à plusieurs reprises regardée de travers quand, au parc, mon fils de 2 ans environ, tombait, et que je n’arrivais pas en courant pour l’inspecter sous toutes les coutures. Je l’ai fait, au début, puis je me suis rendue compte que ça ne servait à rien, il ne pleurait pas, et m’envoyait même promener… Alors j’attendais, écoutais, regardais, lui demandais si ça allait et il repartait trotter comme un fou. Je ne dis pas que je n’ai jamais eu peur qu’il ne se fasse mal, je n’étais pas spécialement fière de me promener avec un petit bonhomme tout bosselé. Mais je le laissais gérer puisque c’est ce qui semblait lui convenir…

Ça ne signifie pas pour autant que je le laissais faire n’importe quoi, je lui fixais des limites, à 2 ans, il faut  » apprendre  » les dangers. Mais il arrivait très très bien à tomber juste en courant, et de préférence entre les parties de revêtement qui servent à amortir les chutes justement. Sinon ce n’est pas drôle !

Nous avons éviter les chutes dans les escaliers, nous avons mis une barrière, poser des interdits au sujet des fenêtres, des produits d’entretien, les choses évidentes me direz-vous.

Il s’est coincé les doigts dans la porte-fenêtre une fois, heureusement le joint en caoutchou faisait exactement l’épaisseur de ces si petits doigts, il n’a pas eu un bleu ! Bébé rose a préféré la porte de la cuisine, qui elle n’a pas de joint. Ouille.

Je me fâche assez régulièrement pour qu’ils ne viennent pas traîner dans la cuisine lorsque j’y suis occupée. Comme ce matin.

Je préparais le déjeuner, comme tous les jours, et de bonne heure car le lundi Bébé rose va à la garderie à 14h donc je lui fais faire la sieste avant. Comme souvent, elle me suivait, tournait, chantait, taquinait le chien. Jusqu’au moment où j’ai fini par me fâcher parce que ça devenait trop dangereux de la laisser faire. Je l’ai donc envoyé jouer dans le salon, ce qu’elle n’a pas apprécié puisque c’est à contre-cœur, en pleurant, qu’elle a fini par s’y résoudre. Me voilà donc toute à mon repas. Deux casseroles d’eau sur le feu, du riz, des œufs.

C’est au moment d’enlever la casserole du feu, que j’ai fait un pas en arrière et que je me suis aperçue que ma toute petite poulette se trouvait derrière moi, m’obligeant à stopper brusquement mon mouvement… et forcément, je n’ai pas pu empêcher l’eau de passer par-dessus la casserole. Je l’ai poussée, je ne sais pas comment, mais l’eau éclabousse… Sa tête. Elle s’est mise à hurler, je l’ai prise dans mes bras, me suis imaginé des choses horribles, des images terribles de son si joli petit visage, et je crois que là, vraiment, j’ai paniquée comme c’est rarement arrivée dans de pareils cas. Peut-être parce que cette fois le risque était différent des précédents…

J’ai regardé, mis un peu d’eau froide, mais n’y connaissant rien en brûlure, je ne savais pas quoi penser. J’ai appelé son papa, 11 fois. Puis je suis partie. Il ne semblait pas y avoir de marques importantes mais c’était au niveau de son œil donc j’étais d’autant plus inquiète. Après un bref passage à la pharmacie, où on m’a conseillé d’aller au urgences au cas où, puis une petite visite sur le lieu de travail de papa (ex-pompier) pour avoir son avis, nous sommes parties aux urgences. Angoisse.

Et je n’oublierai pas le regard de l’infirmier qui a daigné nous demander la raison de notre venue, après 20 minutes à patienter alors qu’il n’y avait personne devant nous ( la personne qui était là à notre arrivée nous a demandé d’attendre, c’est un autre qui est arrivé ensuite, c’était l’heure du déjeuner, donc j’imagine qu’il devait absolument prendre sa pause… ), cet infirmier donc, qui m’a regardé comme si j’avais été négligente. Ni plus ni moins. Comme si je ne m’étais pas rendu compte de la gravité de ce genre d’accidents, et comme si j’avais laissé ma fille jouer avec une casserole d’eau bouillante. Pardon mais… pauvre con.

Il a finalement appelé un médecin, qui a regardé, qui a dit  » oui on l’enregistre « , puis  » Surveillez, si ça gonfle il faut revenir ou voir un ophtalmo « , Pipette-Rose si elle se plaint. C’est tout. Donc on y est allé pour rien. Elle n’a rien. Rien de grave.

C’était un accident. Je m’étais fâchée, je savais que ça pouvait être dangereux qu’elle soit là, elle était sortie de la pièce. J’ai fait ce que je pouvais. Malheureusement, c’est arrivé. Heureusement, elle n’a rien. Quelle peur. Quelle horreur. Quel soulagement, quel bonheur. Quelle leçon.

Je fais partie de celle qui ont eu de la chance, un accident qui n’a pas pas été  » dommageable  » pour ma fille. Mais il existe des gens, des enfants qui n’ont pas cette chance. Je me souviens notamment d’un article que j’avais lu sur un blog ( pardon, à force de lire, avec le temps, je ne sais plus toujours d’où ils viennent, si tu te reconnais, fais-moi signe ! ) racontant l’accident arrivé à une petite puce, malgré les précautions prises par sa famille, qui s’était brûlée avec une tasse de café. Elle n’avait pas eu notre chance.

Je tire deux conclusions de ce qu’il nous est arrivé aujourd’hui :

Soyez vigilants, toujours, tout le temps. Ne lâchez rien.

Mais souvenez-vous qu’un accident… est un accident, qu’on ne peut pas tout éviter.

Et une troisième :

Et que les professionnels que vous allez consulter dans ces cas-là, ne vous connaissent pas, ne savent pas, n’ont peut-être jamais connu cette peur horrible, et qu’ils vous jugeront sans savoir que vous faites chaque jour tout ce que vous pouvez pour qu’ils n’arrivent rien à la prunelle de vos yeux. Mais que vous ne pouvez pas tout empêcher.

 

 

 

 

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